La santé

Pour l’OMS, «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.»

Cela devrait d’ailleurs nous pousser à la réflexion dans cette période de pandémie pour anticiper l’accroissement probable de troubles mentaux qui risquent d’arriver suite au confinement.

Mais, outre le besoin de définir ce qu’est le bonheur, cette proposition évite une notion importante lorsque que l’on passe de l’instant du bilan médical au temps long d’une vie complète car penser ne jamais avoir aucune maladie (physique et mentale) est plus qu’utopique.

Je lui préfère la définition de Georges Canguilhem : «Être en bonne santé, c’est pouvoir tomber malade et s’en relever.»

La santé n’y est plus le bonheur et une absence de maladie, mais aussi la capacité de s’en remettre ; cela aborde, sans la nommer, l’idée des réserves (physiques, mentales, émotionnelles ou encore cognitives) qui nous permettent la résilience face à une situation compliquée.

Elle fait échos à des notions comme la robustesse (un état de bonne santé qui permet justement de se relever d’une maladie) / la fragilité (un état dans lequel il ne sera pas possible de se relever d’une maladie, mais qui est encore réversible pour retourner à la robustesse) / la dépendance (un état qui ne permettra pas de retour) ; le triptyque fondamental permettant de penser la longévité en bonne santé. En plus d’une prévention à tous les âges de la vie, l’enjeu du bien vieillir est donc de dépister la fragilité pour essayer de retourner à un état de robustesse (par des exercices physiques, cognitifs ou par un raccrochage social par exemple).

Le modèle de vieillissement 1 + 2 + 3 de Bouchon permet de résumer cela ainsi :

La trajectoire 1 représente un vieillissement réussi et sans pathologie.

La trajectoire 2, quant à elle, est le signe d’une pathologie chronique potentiellement fragilisante (d’où l’intérêt de dépister et de traiter pour limiter le déclin).

Les trajectoires 3 représentent des évènements aigus pouvant se surajouter à des pathologies chroniques et risquant de précipiter le patient dans la dépendance si ses réserves (physiques, cognitives, émotionnelles ou sociales) ne lui permettent pas de se remettre de cet épisode de maladie.

La nutrition, les activités physiques (adaptées le cas échant), cognitives et sociales ou encore les dépistages sont au centre des problématique de santé et de longévité.

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